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Khalass, de Borhane Alaouié. Avec Fady Bou Khalil, Natacha Achkar, Raymond Hosni.
Enfin, après 5 ans de tribulations indignes d’un artiste du calibre de Borhane Alaouié, «Khalass» sera révélé au public libanais. 5 ans et pas une ride, ce film restera d’actualité dans dix ou cent ans!
Œuvre de la maturité d’un cinéaste-philosophe revenu de tout, maturité dynamisée par la rage d’un poète, éternel rebelle, ce long métrage, dense, profond, vrai, raconte la vie, l’amour, la mort, charriant les désillusions, les échecs, les trahisons, les impuissances, la révolte… Et les possibles recommencements.
Entre le refus de khalass (ça suffit) et la promesse de khalâss (le salut), ce film, puissamment incarné par Fady Bou Khalil (torturé, désabusé, génial), Natacha Achkar (intense et inspirée) et Raymond Hosni (chaleureux et impeccable), est plus qu’un cadeau de fête: le film phare de l’année!
(A suivre dans notre prochain numéro)
Sous les bombes, de Philippe Aractingi. Avec Nada Abou Farhat, Georges Khabbaz.
Du jamais vu! Ce film choc est une pure gageure et pas seulement de ce côté-ci de la planète cinéma, mais partout ailleurs. «Sous les bombes» est la preuve en 24 images par seconde tout le long de 5580 intenses secondes que le cinéma indépendant est le terreau par excellence de tous les possibles, quand l’impossible budget fait la sourde oseille. Car réussir à intégrer le réel dans la fiction ou à greffer la fiction sur le réel comme l’a fait l’homérique Philippe Aractingi est un pur exploit.
Ce road-movie sur la nationale Beyrouth-Liban-Sud, meurtrie et assassinée, narre la quête désespérée d’une mère pour retrouver son fils, accompagnée dans son odyssée par un chauffeur de taxi combinard qui se remettra en question. Fébrile, incisive, mobilisée, la caméra de Philippe Aractingi sonde les plaies physiques et morales de la guerre de Juillet-Août 06, avec une efficacité implacable. A voir absolument.
(A suivre dans notre prochain numéro)
Johnny Karlitch
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