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Au Liban, le premier cas d’infection par le VIH fut diagnostiqué en 1984. Aujourd’hui, 1052 personnes sont séropositives. Le sida tue aussi au Liban, il n’est donc plus permis de relâcher la vigilance. Sachant qu’aucun vaccin efficace contre le virus du sida n’est encore disponible, et que les traitements utilisés ne permettent pas de guérir de la maladie, la lutte contre cette menace sans cesse croissante repose essentiellement sur la prévention.
Le sida, qu’est-ce que c’est?
Le sida, ou syndrome d’immunodéficience acquise, est une maladie infectieuse sexuellement transmissible causée par un virus, le VIH ou virus de l’immunodéficience humaine. Ce virus assez mesquin attaque un groupe bien précis de globules blancs: les lymphocytes T4. La destruction de ces globules blancs se fera de façon progressive sur plusieurs années, rendant ainsi le corps humain vulnérable aux infections opportunistes et à certains types de cancers.
Comment évolue la maladie?
La maladie évolue typiquement en trois phases, au cours desquelles la personne infectée semble pour la plupart du temps en bonne santé. Effectivement, 42% des personnes infectées par le VIH sont totalement asymptomatiques! Il faut même dire qu’un nombre non négligeable de ces personnes ne savent même pas qu’elles portent le virus, au moment où elles peuvent le transmettre à leurs conjoints. En pratique, cela veut dire que tout rapport sexuel sans protection est un rapport à risque jusqu’à preuve du contraire.
Premier stade: l’incubation
Cette période s’étend entre le moment où le sujet contracte le virus et le moment où les tests de dépistage usuels deviennent positifs, c’est-à-dire entre 3 et 4 mois après le rapport suspect. Mais, attention! même si les tests sanguins sont négatifs, cette personne peut très bien transmettre le virus à d’autres. Durant cette période, une personne infectée peut présenter des symptômes rappelant la grippe (fièvre, écoulement nasal, maux de gorge, fatigue, etc.), comme elle peut rester en parfaite santé.
Second stade: la latence
Ce stade correspond à la période de latence au cours de laquelle le VIH est “au repos”. Le sujet a l’air en bonne santé, mais ses tests de dépistage sont positifs. Cette période peut durer entre 3 et 10 ans en fonction du système immunitaire de chaque personne.
Troisième stade: la maladie
C’est le stade du sida proprement dit, au cours duquel le sujet commence à présenter les stigmates de sa maladie: diarrhée sévère, inflammation des glandes lymphatiques, fièvre persistante, fatigue, sueurs nocturnes, perte de poids, dépression, amnésie, pneumonie, cancers, etc. En l’absence de traitement, la mort survient en l’espace de deux ans.
Comment se transmet le VIH?
Tout le monde le sait déjà: le sida est une maladie sexuellement transmissible, mais les relations sexuelles ne sont pas pour autant le seul moyen de transmission du virus. Le sang est également contaminant. En effet, le virus de l’immunodéficience humaine se trouve dès le début de l’infection dans tous les liquides du corps humain, mais à des concentrations différentes. Ainsi, le VIH peut être transmis par le sang, par les sécrétions sexuelles masculines, par les sécrétions sexuelles féminines et par l’allaitement. Cependant, aucune étude n’a pu montrer jusqu’à présent que le virus peut être transmis par la salive, par l’urine, par la sueur ou les larmes. On comprend donc pourquoi le virus ne peut être contracté par le contact social de tous les jours avec le malade. Vous pourriez par exemple manger et boire avec le malade, vous asseoir à ses côtés, lui serrer la main et l’embrasser, pratiquer un sport avec lui, utiliser le même siège de toilettes que lui et nager dans la piscine avec lui. Il n’est donc plus permis aujourd’hui que les sidéens soient victimes de discrimination et de rejet!
Au Liban, 70% des personnes atteintes par le VIH ont contracté ce virus suite à un rapport sexuel non protégé. Parmi ces sujets, 56% sont hétérosexuels, 15% homosexuels et 5% bisexuels. L’idée reçue selon laquelle seuls les homosexuels sont exposés au sida tombe avec ces chiffres, dans la mesure où c’est la transmission par voie hétérosexuelle qui constitue aujourd’hui la principale voie de propagation du virus. Comme corollaire à cela, de plus en plus de femmes sont aujourd’hui touchées par le virus! Toute relation sexuelle non protégée, c’est-à-dire sans préservatif, présente un risque de contamination. Par ailleurs, une fellation même sans éjaculation et l’usage des sex toys que l’on échange sans préservatif peuvent contaminer. L’usage du préservatif constitue donc le moyen de prévention le plus efficace dans la protection contre le sida.
Les transfusions sanguines, l’usage de drogues par voie intraveineuse (héroïne), l’utilisation de seringues contaminées, lors d’un tatouage, par exemple, constituent d’autres moyens de transmission du virus. Mais il faut dire que la sûreté du sang est relativement bien contrôlée au Liban; il n’y a eu aucun nouveau cas d’infection par le VIH par transfusion sanguine depuis 1999.
L’émancipation sexuelle au Liban
Le comportement à risque chez les jeunes ne cesse de s’aggraver! 84% d’entre eux n’utilisent pas de préservatifs au moment où 87,3% de ces jeunes savent que le préservatif est l’un des moyens de prévention les plus efficaces contre le sida. Un comportement hautement à risque, surtout que 62% des jeunes ont leur premier rapport sexuel avant l’âge de 20 ans.
Mais si le comportement des jeunes est à risque, celui de leurs parents est encore plus grave. 24,2% des hommes mariés contre 7,4% des femmes mariées ont des rapports sexuels extraconjugaux (réguliers ou occasionnels). D’autre part, 61,9% des femmes atteintes du sida au Liban sont mariées et/ou ont été mariées avant et ont été contaminées par leurs époux. Ce n’est donc pas le mariage qui va protéger du sida, mais la fidélité mutuelle des conjoints.
Des centres de consultation et de test volontaire
Face à l’épidémie sans cesse croissante du sida, le gouvernement libanais a déclaré en 1988 que le VIH/SIDA constituait un grave danger affectant la santé publique.
En conséquence, le Programme national de lutte contre le sida a été établi en 1989. L’équipe du programme a pu accomplir un grand pas cette année. Des centres gratuits et totalement anonymes et confidentiels de dépistage ont été ouverts dans tout le Liban avec un personnel qualifié et entraîné. Les centres offrent aussi lors du test des sessions de prévention et de consultation avec la personne venant se faire tester.
Carla Hajj
Pour toute information, l’équipe se tient à votre disposition aux numéros suivants: 01/567404-5 et au 03/723723 (Mme Danielle el Khoury
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