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Nadine Lenaerts
Chantre de la décoration épurée

Le minimalisme occupe une place de plus en plus importante dans la décoration actuelle. Nadine Lenaerts, fondatrice de la société La Mezzanine, à Marbella, a adopté cette tendance qu’elle matérialise dans sa sublime villa nichée sur les hauteurs de Aïn Saadé.

 

Une autodidacte qui a du goût
Il y a dix-huit ans, lorsque la crise immobilière battait son plein en Espagne, une jeune femme, à peine sortie de l’université de Bruxelles, se voit confier un poste de responsable en marketing à Marbella. Son rôle était de vendre des appartements qui venaient d’être réaménagés et reconvertis en suites hôtelières pour des tours opérateurs. Nadine relève avec brio ce défi en s’occupant personnellement de la décoration intérieure de ces 50 appartements. «Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours eu un goût sûr pour la décoration, la mode, l’esthétisme dans tous les domaines. Il fallait que ces suites d’hôtels soient chic, belles, riches et très fonctionnelles. Je me suis occupée de tout, absolument tout dans le moindre détail. Puisque ces appartements devaient être achetés par des clients venant de l’étranger et ne servaient que de lieux de villégiature, ils devaient donc ressembler à des suites d’hôtels hyper confortables et luxueuses tout en gardant à l’origine leur simplicité et leur fonctionnalité pour un entretien facile.»

Un lien avec le Liban
Depuis donc 1990, Lenaerts habite à Marbella, ville du sud de l’Espagne sur la côte méditerranéenne, où elle a créé sa propre entreprise de décoration intérieure: «J’aime travailler avec des architectes qui sont ouverts d’esprit et acceptent aussi mes idées. Mon studio de décoration à Marbella a bien sûr un show room de 450m2 mais je suis totalement seule dans ma société. Je ne travaille qu’en sous-traitance avec tous les corps de métiers tels que les peintres en bâtiment, les ébénistes, les plombiers, etc., selon le ou les projets.» 
Cette professionnelle à l’allure de top model a travaillé en collaboration avec de nombreux promoteurs immobiliers, dont notamment Gabriel Massoud, un homme d’affaires libanais expatrié depuis 1975. Devenue sa compagne de vie, elle a eu une jolie petite fille aux yeux bleus appelée Nour, âgée actuellement de 7 ans: «C’est au début des années 90 que j’ai rencontré mon compagnon Gabriel Massoud. Lui aussi est un autodidacte dans sa profession de promoteur immobilier, car au départ, il était avocat et homme d’affaires. Notre fille a la beauté de son père et le goût esthétique de sa mère. Déjà à cet âge, elle nous impose ses goûts qui, je l’avoue, me plaisent beaucoup. Elle s’est créé elle-même son propre dressing-room qui a fait l’objet d’un article dans un magazine de décoration espagnol et pour lequel elle a été photographiée.»

Leur maison à Aïn Saadé
Située sur les hauteurs de Aïn Saadé, la villa reflète l’exactitude de ses principes. Architecture très linéaire, angles droits, volumes grandioses, mobilier minimaliste avec de temps en temps une touche d’antiquité, un blanc dominant et de larges baies vitrées. Leur pied-à-terre offre une vue imprenable sur la colline de Beït Méry et sur Beyrouth. La lumière omniprésente et très bien orientée confère un bien-être total, un sentiment de relaxation clair et chaleureux. «Contrairement aux Libanais qui aiment les grandes draperies, le mobilier antique doré ou très sculpté, les murs colorés et les formes arrondies qui alourdissent le décor et empêchent la lumière de pénétrer, je préfère d’emblée la légèreté, la simplicité, la fonctionnalité avec des teintes plus discrètes qui subliment l’espace. J’utilise beaucoup le blanc, le gris, les tonalités naturelles, qui peuvent varier également de la terracotta au vison. Toujours des couleurs douces. Je déteste le flashy, les couleurs vives. J’aime tout ce qui est proche de la nature. C’est d’ailleurs pour une de ces raisons que je privilégie les entrées de lumière et les plafonds hauts. C’est Gabriel qui m’a initiée à ces hauteurs de plafond typiques des maisons libanaises anciennes. Et depuis lors, je suggère toujours à mes clients des doubles hauteurs de plafond et ils m’en remercient.»

Du fait mesure en Espagne
Qu’il s’agisse des salons en cuir ou en tissu, des commodes, des chambres à coucher, de la salle à manger…, tous les mobiliers et objets décoratifs sont en grande partie dessinés par Nadine et fabriqués en Espagne, à l’exception parfois de quelques produits achetés en Italie: «Je croque grossièrement mes idées et puis je les soumets à des dessinateurs professionnels qui les réalisent sur plan au millimètre près. Je ne peux donc pas me permettre la moindre erreur. Comme mon studio déco se trouve à Marbella, il m’est beaucoup plus facile de tout faire là-bas, ça m’évite des déplacements et des déceptions. Puis je les exporte par conteneur. Par exemple, dans cette maison-ci, j’ai tout fait venir d’Espagne, sauf les chaises en cuir de la salle à manger, qui viennent d’Italie.»
Projets d’avenir
Partagée entre la Belgique, où elle a encore sa famille, l’Espagne pour son travail et le Liban pour villégiature, Nadine Lenaerts possède une énergie à toute épreuve et envisage encore bon nombre de réalisations même si sa fonction de maman lui prend actuellement les trois quarts de son temps: «Notre maison à Marbella vient d’être achevée et présente une surface de 3000m2. C’est la plus belle réalisation de notre profession à Gabriel et à moi. Nous en sommes très fiers.»
Femme du Nord par son côté pragmatique, Nadine n’attend pas le feu vert ou l’avis de Gabriel pour entreprendre d’immenses projets. Rien dans leur vision de la décoration ne les distingue, ils ont les mêmes goûts et évoluent parallèlement.
«Maintenant, nous nous tournons vers le Liban, car c’est la terre où Gabriel est né et aimerait y vivre ses vieux jours, souligne-t-elle. Toute sa famille vit ici, et il est normal qu’il veuille y revenir. C’est pourquoi nous sommes en train de construire une villa à Bakiche. Entre-temps, j’aimerais m’occuper de la réhabilitation d’un joli yacht que nous possédons en Tunisie. Je n’ai jamais fait de bateau, mais ce sera pour moi une très belle expérience.»

Régine Caufriez
Photos: Ray’s photography