![]() |
||
![]() |
|
|
|
||
Rien pourtant ne destinait cette femme diplômée en économie de l’USJ à s’engager sur les sentiers artistiques et littéraires. Un séjour quinquennal à Washington, durant lequel elle papillonnera d’un musée à un autre, et d’une conférence à une autre, lui donnera goût pour le monde de l’art et des lettres. «De 1989 à 1993, j’habitais avec ma famille à Washington, raconte-t-elle. Comme mes enfants étaient en bas âge, j’ai dû renoncer à pousser plus loin ma carrière et je me suis alors fondue dans la vie culturelle extrêmement trépidante. De retour au Liban, j’avais envie de faire perdurer le plaisir de l’apprentissage.»
Quand culture et bénévolat riment ensemble
Joumana Hobeika devra attendre quelques années avant de voir concrétiser son souhait. En 2001, le Centre sportif, culturel et social du Collège Notre-Dame de Jamhour voit le jour. Et c’est avec un dévouement sans faille que Joumana, déjà membre du conseil de gestion, accepte le poste que le père recteur, Salim Daccache, lui propose: vice-présidente du comité directeur. «Psychologie et philosophie du bien-être», «Littérature», «Les grandes dates dans l’histoire de l’humanité», «Religion, mythes et arts», «Art culinaire», «Cinéma», «Arts et créations»…, depuis, les ateliers se suivent et la théorie talonne la pratique. Pour affiner encore plus les activités du centre, Joumana Hobeika assiste à tous les ateliers. Ou presque! Et s’inspire de toute idée innovatrice lors de ses voyages à l’étranger en visitant les plus grandes universités, toujours encouragée par son époux, Louis Hobeika, professeur et ex-doyen de la faculté des sciences économiques. «Il s’agit d’ateliers animés, interactifs, où les adhérents communiquent avec les intervenants, précise-t-elle. L’important est de monter des forums d’idées, des débats constructifs…»
Créer une ambiance conviviale, affûter les activités du centre, faire appel à des intervenants de qualité, Joumana Hobeika entend bien réussir sa mission. La nouveauté de cette année: les flâneries à travers le monde. Un voyage coloré à travers six escales, qui sont la France, le Japon, la Suisse, l’Inde, la République tchèque et l’Espagne. Un panorama géopolitique, culturel et artistique couronné par un dîner aux arômes de ces lointaines contrées.
Qui dit voyage, dit préparatifs. Et ces derniers ne sont pas toujours faciles! «Le travail exige une étroite collaboration avec les ambassades afin de monter toute l’infrastructure nécessaire, confirme la responsable. Il faut faire un tour d’horizon exhaustif avec souvent des moyens de bord assez limités.»
Cette bénévole, secondée par une petite équipe, a su garder un parfait équilibre entre vie privée et vie active, et avoue avec un large sourire que son secret, c’est l’organisation: «Les gens les plus occupés sont ceux qui savent gérer au mieux le temps. Je ne crois pas au bénévolat seul, mais à la passion qui fait bouger les choses. Et lorsque la passion se mêle à la création, le résultat ne peut être que satisfaisant. De 30 adhérents, on est passé aujourd’hui à 400. C’est dire le succès que remportent les activités du centre, dont l’éventail se diversifie d’année en année. C’est dire aussi combien le Libanais, malgré une situation économique et politique précaire, est toujours féru de culture.»
Une forme de résistance sans doute pour égayer le tableau noir du quotidien. Surtout lorsqu’on sait que le Centre culturel de Jamhour verse toutes les recettes de ses activités dans la caisse des bourses scolaires. La culture pour la bonne cause, n’est-ce pas un tandem gagnant!
Michèle Messarra
|