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Georgine Mallat
La diplomatie est une mission passionnante

Depuis plus de quatre ans, Georgine Chaer Mallat est à la tête de l’ambassade de Colombie au Liban. Elle se donne pleinement à sa mission et contribue largement à faire connaître et aimer la Colombie. Son attachement à ce pays est contagieux. A l’entendre, on est prêt à prendre sur-le-champ un billet d’avion pour visiter Bogota, Barranquilla, Cartagena, Medellin, et tant d’autres belles régions.

Native de Jounieh, Georgine Chaer Mallat a grandi dans une famille où il était constamment question de la Colombie. Ses oncles paternels y avaient émigré et son père évoquait sans cesse ce merveilleux pays, qui avait ouvert ses portes à tant de Libanais en leur offrant de grandes opportunités. «Il en parlait, dit-elle, comme un pays de liberté et de démocratie. D’ailleurs, Bogota est connue pour être l’Athènes de l’Amérique du Sud.» Et actuellement, avec le président Alvaro Uribe, elle connaît une grande sécurité.  
Georgine fait ses études complémentaires et secondaires à la Sainte famille française, à Jounieh, puis à Beyrouth, et obtient ensuite sa licence en droit de l’Université Saint Joseph. «Le droit était pour moi une porte ouverte à de multiples options, dit-elle, mais ce qui m’intéressait particulièrement dans cette formation, c’était les sciences politiques.» A la faculté, elle fait la connaissance de son futur mari, Me Hyam Mallat, fils du magistrat Georges Mallat et petit-fils du grand poète et écrivain Chebli Mallat, le «poète des Cèdres». Elle fait son stage d’avocat au bureau de Me Wajdi Mallat (l’oncle de son mari), et pratique le droit.
A la suite de plusieurs voyages en Colombie pour visiter ses oncles et ses cousins, elle décide d’écrire un roman, «L’émeraude était bleue», qui raconte la success-story d’un émigré en Colombie. «Le choix du titre, précise-t-elle, est lié d’une part à cette pierre précieuse dont la Colombie est le premier producteur mondial, alors que le bleu est celui de la nostalgie de la Méditerranée.»
Ce roman lui porte chance. Elle est nommée consul honoraire de la Colombie à Tripoli au Liban-Nord, remplit parfaitement bien sa fonction, ouvre un bureau et s’y rend régulièrement au point que le ministère colombien des Affaires étrangères lui donne l’autorisation d’organiser les élections présidentielles et sénatoriales pour les Colombiens résidant au Liban. Avec l’avènement du président Alvaro Uribe, elle est élevée au rang d’ambassadeur. Au cours de ces quatre années, elle a réussi à faire connaître et aimer la Colombie. Quel est le secret de sa réussite comme ambassadrice?
«J’ai un grand attachement pour la Colombie et j’ai voulu la faire aimer et la servir de mon mieux. La diplomatie est une profession passionnante à tous les points de vue, répond-elle. Il faut l’entreprendre avec beaucoup de discernement et de sagesse, s’occuper des relations politiques, économiques, culturelles, promouvoir la meilleure image de la Colombie au Liban et vice-versa. Sur le plan politique, les relations n’ont jamais posé problème entre les deux pays. J’ai beaucoup travaillé sur le culturel, invitant des peintres, des stylistes, des groupes folkloriques, pour favoriser les échanges. Le fait d’avoir vécu au Liban et d’être en même temps colombienne m’a beaucoup aidée dans ma mission.»
Sa mission diplomatique l’a-t-elle éloignée de sa famille? «Non, dit-elle, car mes fils, Georges et Nabil, étaient déjà adultes et m’ont au contraire soutenue dans ma carrière. Je suis déjà grand-mère. L’aîné est marié à Tatiana Boukather et ils ont deux garçons, Hyam et Jawad. Certes, le rôle de la femme au foyer est essentiel et je me suis pleinement occupée avec Hyam de l’éducation des enfants.»
Qu’en est-il de son intérêt pour l’écriture? «Je suis une grande lectrice. L’écriture était d’abord un hobby avant de devenir une passion. J’ai publié un second roman, “Cristal de Roche”, et je travaille actuellement, mais lentement, sur un troisième roman que je situe au 5e siècle et qui tourne autour de l’école de droit de Beryte et du rôle de Beyrouth en ces temps-là, dans la Méditerranée orientale.»
Ambassadrice, épouse, mère, femme active de grande culture, Georgine Mallat offre l’image d’une personne épanouie et sereine qui a choisi de remplir intensément sa vie.

Neil Hélou