Claudia Marchalian
Profession: actrice, journaliste et scénariste
On la connaît depuis les années 90 comme actrice talentueuse. Mais, depuis trois ans, on voit sa signature partout, aussi bien au générique des scénarios de feuilletons télévisés, qu’au bas d’articles pertinents et vifs dans le supplément Al Dalil du quotidien An-Nahar. Claudia Marchalian est une artiste qui surprend par son dynamisme et son verbe.
Quand on évoque Claudia Marchalian, on pense spontanément à l’aura vibrant d’émotion d’une actrice sincère, à un œil critique confirmé, à une scénariste et dialoguiste prolifique qui suscite l’admiration et l’étonnement.
Après des études en dramaturgie à l’université libanaise, Claudia se retrouve sur les planches dans deux pièces, signés respectivement par Marwan Najjar et Camille Salamé; ensuite, elle foule le sol des plateaux télé, où elle magnétise par le sourire de son regard et un jeu intelligent. Observatrice et polémiste de nature, elle est repérée par Joseph Bou Nassar, directeur du supplément Al Dalil. C’est là qu’elle manifestera ses talents de critique dans une chronique hebdomadaire.
Pour être singulière, elle l’est. Claudia Marchalian bannit les concessions et tire à boulets rouges sur tous ceux - présentateurs, artistes, journalistes, chanteurs de vidéo clips (où l’homme est aussi chosifié que la femme) - qui n’ont pas le courage d’être à la hauteur de l’art et de l’éthique.
Quel est son secret, qu’est-ce qui fait qu’elle vise si juste? «Une personne publique tel un artiste ne doit pas être incolore, inodore, insipide; au contraire, elle doit avoir des positions claires et nettes, elle doit être atypique. Je le suis. Je dois dire mon avis quel qu’il soit, et de manière à être respectée, même par ceux qui pensent autrement. Je ne cherche pas à provoquer, j’écris ce que je ressens, et c’est ainsi que je me réalise.»
Les yeux sont le miroir de l’âme, dit-on, et cela s’applique parfaitement à Claudia. Critique sévère envers tout le monde mais aussi envers elle-même, son miroir lui dévoile son apparence mais aussi ce qui est invisible aux yeux d’autrui: «Je me regarde dans les yeux pour savoir si je suis sur le bon chemin. Si je ne le suis pas, je rectifie, je m’impose une conduite, j’ajuste et, petit à petit, je finis par remarquer une amélioration.»
Scénariste prolifique, Claudia? Jugez-en: «Nidal» (feuilleton dramatique), «Mouch zabta» et «Mahlouli» (deux séries comiques), «Hawwa’ fil tarikh» (bio-série sur des femmes exceptionnelles), ainsi que des contributions à d’autres programmes, le tout en trois ans, chapeau!
«L’écriture m’a toujours trotté dans la tête, mais je ne voulais pas m’y consacrer avant d’être mûre», précise Claudia Marchalian. Après une élaboration mentale, elle s’installe dans une solitude parfaite pour créer ses dialogues, ses personnages: «Je suis matinale, mais je n’écris pas tous les jours. Je me conditionne en lisant, en regardant des films, en laissant mûrir mes impressions. Mais, une fois la première scène écrite, l’accouchement du reste devient facile pour moi.»
Outre ses nombreuses occupations, Claudia se rend de manière périodique à Paris pour rencontrer Péri Cochin, la productrice de «Adam wa Hawwa», la version locale de la série comique «Un gars et une fille». Elle adapte certains épisodes originaux, en crée d’autres, transformant le célèbre couple en un gars et une fille bien de chez nous. Parallèlement, les deux professionnelles planchent sur un programme de talk-show, «Sawalefna helwé», qui est diffusé actuellement sur Dubaï TV.
Fadia Farah Karlitch