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Le visage est angélique, les yeux bleu limpide, sous une crinière blonde. Oubliée la maîtresse femme qui apparaît à la télé. Quand elle évoque les «vingt enfants», les larmes lui montent aux yeux: «Ils parlent des choses de la vie, avec une maturité surprenante. Pour eux, la “Starac” est un lieu d’expression. Ils me sollicitent en permanence, mais je ne peux intervenir dans tous les aspects de leur vie.» Roula a une sensibilité à fleur de peau. Mais, lucide, elle sait faire la part des choses entre la faculté d’écoute et un investissement invasif.
Les coulisses de sa vie
Pas toujours aisé pour une femme d’être entendue, surtout lorsqu’on dirige une équipe de près de 200 personnes: «On attend de moi un minimum d’affection, alors je jongle entre l’autorité et la douceur, pour trouver le bon équilibre et motiver mon équipe.»
Equilibre, le mot magique: «Je crois avoir trouvé le mien, grâce à ma famille, mes amis et mon petit jardin secret.» Néanmoins, cette jeune femme forte et émotive avoue avoir des baisses de régime: «Certains jours, je me demande d’où me vient cette incroyable énergie.» A la LBC, on est habitué: «Par moments, je me renferme. Je ne sais pas dissimuler mes émotions.»
Perfectionniste, cette digne cadette d’une famille de quatre filles ne lésine pas sur la qualité: le choix des candidats, les tableaux, les costumes, le décor, réalisé par sa sœur Yara, son alter ego, tout est minutieusement contrôlé.
Entrée à la LBC comme responsable du département de promotion, diplômes de communication art, de radio/tv et d’advertising design en poche, elle devient par la suite responsable de production. On lui doit, entre autres, les clips «Chara’et chams el LBC» et «Bass al LBC» qui avaient fait un tabac à l’époque. Elle se démarque dès ses débuts par une créativité débordante, que rien ne peut freiner et surtout pas les diktats de la bureaucratie: «Je ne dois pas me sentir ligotée.» Quand elle est pressentie pour diriger la «Starac», la jeune femme hésite. Elle ne veut pas se laisser dérober sa vie privée: «Je n’avais jamais été exposée aux médias.» On achève de l’amadouer en lui offrant de disposer d’une liberté absolue. Le rêve!
Il s’agira la première année d’une véritable épreuve: «Je devais monter, en six mois, un programme qui n’avait pas d’exemple dans le monde arabe. On n’avait pas de loft, on ne savait pas où placer les caméras. J’ai dû tout organiser. Je travaillais sans arrêt. J’ai frôlé la dépression.»
Si bien qu’un jour, poussée par ses proches à sortir, elle s’étonne d’être reconnue dans la rue. Souffrant presque du syndrome de Stockholm, elle demande à être ramenée aux studios: «La célébrité peut devenir un fardeau. Je le répète aux candidats qui doivent savoir gérer la leur en quittant la “Starac”.» Aujourd’hui encore, quand Roula quitte son bureau, elle ne rentre pas illico à la maison: «J’ai besoin de retrouver mes amis, je ne peux quitter une boîte pour une autre.»
La télé-réalité, elle l’avoue, a modifié sa perception du réel. Des regrets? Un peu, mais aussi, un «précieux apprentissage. Ce sont en tout cas les rêves qui maintiennent debout». Roula l’avoue: «Je suis idéaliste, mais c’est pour aller toujours de l’avant.»
Des projets? Cette boulimique du travail en fabrique à foison. A présent, elle a sur le feu l’émission «Jiran» (un sitcom mettant en scène les anciens académiciens). Sera-t-elle à la tête de la «Starac», l’an prochain? Elle ne le sait pas encore. «Peut-être, si cela me fait plaisir», estime cette hédoniste, avant d’ajouter: «La célébrité, c’est 5% de mon travail. Ce sont les coulisses de la télé qui m’intéressent le plus.»
Isabelle Ghanem
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