L’éditorial de Gebran Tuéni I dossier 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 I rencontre 1 2 I enquête I initiative I psycho I sexualité I évasion I pédagogie I design I sécurité I talent I témoignage I événement I lecture I mode I décoration I santé I instantanés 1 2 3 4 I édito I équipe I contacts I retour au sommaire I Gebran Tuéni I An-Nahar Newspaper 

Noha Hatem
La dame des chœurs

Cela fait plus de trente ans que Noha Hatem enseigne la musique et dirige des chorales d’enfant avec professionnalisme et passion. Restée humble malgré sa longue expérience, elle estime avant tout avoir une mission auprès des enfants de son pays.

Quand il s’agit de La Chanterie, son chœur d’enfants, les yeux de Noha Hatem brillent. Avec ses petits protégés, une relation très forte se noue, le temps d’une saison ou de quelques années. Après tout, les cours de chant se passent les yeux dans les yeux.

Au bonheur de chanter
Depuis toute jeune, Noha joue de la guitare, mais elle n’avait pas envisagé d’en faire son métier. Sous la pression parentale, elle étudie l’histoire-géo. Elle se retrouve dans l’enseignement musical par hasard, grâce à une amie qui lui cède sa place: «J’y ai pris goût et elle n’est jamais revenue!» Simultanément, guitare au poing, Noha participe à l’émission «Le coin des Jeunes» dans les années 70. «Lapin Lapinou», «Les animaux de la maison»... deviennent des tubes. Qui en avait écrit les paroles? Noha Hatem ne s’en souvient plus: «C’était Isabelle Issahakian, ma pianiste, et d’autres amis.» Aujourd’hui encore, ces chansons sont reprises dans les maternelles. Si bien qu’il est question d’en faire une compilation.
Noha et la musique, c’est l’histoire d’une passion, mais aussi d’une profession. On ne badine pas avec l’art! Aussi, pas question d’oublier la rigueur: «Je devais compléter ma formation.» Elle s’envole pour Paris puis pour Lyon, où elle étudie la pédagogie musicale, et depuis, elle se recycle chaque année. Au cours de ses pérégrinations, elle amasse les connaissances. Elle compte parmi ses amis, le chef de chœur des «Choristes», Nicolas Porte. Le talent et l’expérience aidant, elle participe souvent, au nom du Liban, à des concours internationaux, où ses choristes se distinguent.

Les amis de choeur
Toujours humble, Noha se dévoue pour ses petits, sans jamais se mettre en avant: «Les enfants sont des fleurs qu’on arrose. Je le répète aux parents: c’est aux enfants de choisir de rester ou de partir.» Peu importe si la voix n’est pas tout à fait sûre. Ce qui compte, c’est leur bien-être; ce n’est pas pour rien que le cahier de chant de ses élèves s’appelle «cahier du bonheur»! Une seule exigence à La Chanterie: vouloir.
Depuis le film «Les choristes», la demande augmente. D’ailleurs, on ne compte plus les bienfaits de la musique: «C’est une thérapie», assure Noha, qui présentera en mars une conférence sur l’apport pédagogique de la musique au Collège Notre-Dame de Jamhour: «Le travail en groupe apprend la tolérance. Des liens se tissent entre les choristes, qui viennent de bords différents. Ils deviennent des “amis de chœurs”. L’art détourne de la violence. De plus, chanter permet aux enfants timides de s’extérioriser. Sans oublier les effets de l’échauffement: 10 à 12 minutes d’exercices de respiration s’apparentant au yoga, débutent chaque séance.» Même les enfants hyperactifs y trouvent des bénéfices.
Pour captiver ses petits chanteurs, Noha n’hésite pas à vivre son temps: dans son répertoire, du Mozart, du Brel, du Barbara, mais aussi du Céline Dion et d’autres contemporains. Côté vocalises, elle reste dans l’air du temps: «Les enfants sont influencés par la Starac, alors nous empruntons leurs fameuses vocalises!»
S’arrêter? Pas encore: «Mes enfants ont grandi et j’ai encore quelques années d’énergie.» Modeste, Noha ajoute cependant: «Il faudra penser à passer la main.» D’ailleurs, depuis près d’un an, elle forme des professeurs de musique pour les écoles, à la demande de chefs d’établissements. Généreuse comme à son habitude, elle clame: «Plus on est nombreux, mieux notre message sera diffusé, et plus d’enfants pourront profiter du bonheur de chanter.» 

Isabelle Ghanem