L’éditorial de Gebran Tuéni I dossier 1 2 3 I rencontre 1 2 3 I enquête I découverte I divertissement I associatif I sexualité I évasion I théâtre I art plastiques I mode I décoration I santé I instantanés 1 2 3 4 I édito I équipe I contacts I retour au sommaire I Gebran Tuéni I An-Nahar Newspaper 

 

L’argent ne fait pas le bonheur. Message reçu par les responsables qui nous font scrupuleusement les poches, sous couvert de flambée des prix du pétrole, des produits céréaliers et laitiers au niveau international. Le bonheur national brut étant plus important que le produit national brut, nos zygomatiques se doivent de se mettre au diapason de cette euphorie nationale!
Mais, au Liban, bonheur rime avec labeur. Alors que tout le pays attend Godot ou Zorro pour sauver le vide constitutionnel, nos finances frôlent le zéro. Comment faire avancer une société qui dépense toute son énergie dans des opérations de soustractions et d’additions, qui n’a plus d’autres ressources que celles de jongler pour “stretcher” son budget? Avec, pour seule occupation hautement gratifiante de boucler les fins de mois, désormais, dès les premiers jours, nous administrons l’extrême-onction à nos salaires avant d’aller les enterrer dans les caisses du supermarché le plus proche. Alors que les besoins primaires ne sont plus comblés que par l’intervention de la société civile, les écarts sociaux se creusent dangereusement. Quand pointe le grondement sourd de la précarité, il règne une odeur de soufre, ou plutôt une froideur de gouffre.

Colette Chibani