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Lors d’un bref passage au Liban, la veille de la coupe de Gebran Tueni, Karim Fares, le champion hippique au nom prédestiné, dont on ne compte plus les récompenses, en profite pour visiter l’écurie de l’école Mont La Salle. Au premier regard, on remarque la parfaite symbiose qui règne entre la monture et son cavalier parcourant avec allégresse les obstacles.
Un ballet équestre régi par ce jeune chef d’orchestre, ce cavalier («fâress» en arabe) qui s’est vu transmettre l’amour du cheval par sa mère, dès l’âge de 4 ans. Au fil des ans, il a participé aux grands concours équestres et accumulé un grand nombre de trophées, qu’il ne compte même plus. C’est d’ailleurs avec modestie qu’il avoue, à demi-mot, avoir remporté le concours panarabe, s’être vu décerner le titre de Champion du Liban sur trois années consécutives et avoir dernièrement été classé troisième Meilleur cavalier dans les pays arabes.
Le cheval fait donc partie intégrante de la vie de Karim Fares, de son quotidien. Il monte cinq à six chevaux par jour et s’entraîne plus particulièrement au saut d’obstacles, sa spécialité. Cette discipline se combine avec un indispensable travail de dressage, de musculation et d’assouplissement sur le plat afin que le cheval puisse optimiser sa condition physique. Le saut d’obstacles est souvent enseigné dès le niveau débutant car, outre son aspect ludique, il permet au cavalier d’acquérir des qualités indispensables à l’équitation dans sa globalité comme l’aisance, l’équilibre et la confiance. De plus, cette discipline requiert une parfaite harmonie entre le cheval et son cavalier. Tel un centaure, cheval et cavalier doivent maîtriser de nombreux paramètres - impulsion, vitesse, trajectoire, nombre et longueur des foulées - pour se garantir des sauts sans faute. Karim, qui consacre la majeure partie de son temps à pratiquer l’équitation, à dresser les chevaux et à s’en occuper avec amour, a fondé en 2000 sa propre école, le Country Farm, situé à Aïntoura, pour enseigner l’équitation; en outre, cet été, il a géré l’école de Faqra.
Depuis quelque temps, Karim Fares s’entraîne assidûment en Hollande afin de pouvoir participer aux Jeux olympiques de 2012. Mais un seul petit hic, et non des moindres, retarde le rêve de notre champion: le soutien financier. Si ce sport paraît si proche de la nature, il n’est toutefois pas isolé du marketing. La préparation physique n’est pas suffisante pour que Karim Fares puisse se présenter aux Jeux olympiques. Il doit en effet fournir aux éventuels investisseurs une étude financière et une stratégie commerciale pour que ces derniers lui accordent leur sponsoring ou mécénat. Ce handicap est d’ailleurs la raison majeure pour laquelle les talents libanais abandonnent leur rêve. Selon Karim, «il y a longtemps que le Liban n’a pas brillé aux Olympiades car nous manquons des fonds nécessaires. Les Libanais ont le même niveau que les pays arabes, sinon meilleur, mais l’absence d’une vision de management et de moyens financiers de la part des responsables empêchent les talents d’évoluer. De plus, la majorité des cavaliers est obligée de s’autofinancer».
«Le marché hippique arabe, poursuit Karim, grandit alors que le marché libanais, lui, devient de plus en plus restreint, car le sport n’évolue pas comme il le devrait. D’autre part, il n’y a pas beaucoup d’échos par rapport aux concours. Seules les courses hippiques intéressent les gens.»
Nayla el Eid
Paroles de champions
Beaucoup d’ambition, de talents et peu de moyens, c’est ainsi que l’on peut résumer l’ambiance du monde hippique libanais. Avec des champions qui viennent presque tous de familles où l’équitation est un sport familial et une tradition, nos jeunes champions sont tombés dedans étant petits. Hélas, le sport demeure le parent pauvre des budgets officiels, surtout le sport équestre considéré comme un sport élitiste. Dans des interviews accordées à Noun, le champion Karim Fares, de passage au Liban, ainsi que de jeunes cavaliers talentueux déplorent l’absence de moyens financiers qui freine l’ambition des cavaliers.
Nadine Mocachen
Deux victoires consécutives pour la championne du Liban, qui a remporté, le 15 septembre, la Coupe Gebran Tuéni, en sautant à 140cm. Dans la catégorie Adulte, Nadine Mocachen est l’actuelle tenante du titre de Championne du Liban pour la seconde année consécutive. Elle a récemment remporté la Coupe Gebran Tuéni, et ce en atteignant une hauteur record de 140cm au saut d’obstacles.
C’est à 6 ans que Nadine fut initiée par ses parents à l’équitation. Classée plusieurs fois aux compétitions jordanienne et syrienne, cette jeune cavalière s’entraîne quatre fois par semaine au Club hippique de Zeghrine et compte à l’avenir se qualifier pour les Jeux panarabes ainsi qu’aux concours internationaux. Cette jeune championne, pleine d’ambition, constate cependant le manque de moyens financiers alloués au sport hippique pour que le Liban puisse se classer au niveau mondial, malgré le fait que le pays bénéficie d’une nouvelle génération de cavaliers talentueux.
Maya Khodr
Dans la catégorie Junior, Maya Khodr a raflé la médaille d’or à 125cm de hauteur. Elle est issue d’une famille de cavaliers et a donc été initiée à l’équitation dès l’âge de 2 ans. Le saut d’obstacles est sa passion car, selon elle, outre le dressage, il existe dans cette discipline une réelle symbiose entre le cheval et son cavalier. Maya, 15 ans, est en classe de seconde et s’entraîne 3 fois par semaine au club Mechref. Elle a également remporté d’autres prix et la Coupe Gebran Tuéni dans sa catégorie. Elle espère, tout comme ses pairs, atteindre un niveau international. Pour l’heure, elle se rend au Mexique assister à un concours, puis en Libye, où elle participera à une compétition.
Jad el Dana
Toute la famille de Jad el Dana pratique l’équitation. Il était tout naturel donc que le jeune garçon fréquente les parcours dès son plus jeune âge et soit initié au saut d’obstacles dès l’âge de 5 ans. Aujourd’hui, âgé de 12 ans, Jad el Dana a remporté le premier prix au Championnat du Liban à 115cm de hauteur.
Tout heureux d’avoir gagné la médaille d’or dans sa catégorie, le jeune champion confie vouloir poursuivre dans ce domaine et continuer à se perfectionner. Il se prépare actuellement à une compétition qui se tiendra au Mexique et s’entraîne 3 fois par semaine en complément de ses études.
Les amoureux des chevaux se sont retrouvés tout au long de trois jours sur le parcours du Club hippique de Faqra, pour le Championnat du Liban de saut d’obstacles. Le 9 septembre, c’est sans surprise que Nadine Mocachen (club Zeghrine) a conservé son titre de championne du Liban en remportant la médaille d’or sur Gigolo Kid - catégorie Adulte, avec des cotes à 140cm. Roger Chammas a été classé second et remporté la médaille d’argent avec Ricardo (Valley Club Aïntoura) et Malih el Dana a occupé la 3e place avec Shaun Frau (Mechref). En CSO juniors (cotes de 125cm), c’est Maya Khodr sur Tinka (Mechref) qui remporte ce championnat, devant Myriam Hechmeh et Majd el Dana. Chez les Enfants, la médaille d’or revient à Jad el Dana (Mechref), qui, avec Tamara, devance Mounia Haddad et Gilles Tohmé.
Coupe Gebran Tuéni
Pour commémorer l’anniversaire du député martyr Gebran Tuéni, qui était lui-même un cavalier émérite et un passionné des chevaux, la Fédération équestre libanaise a organisé, le 15 septembre, jour de l’anniversaire, une compétition de saut d’obstacles, à laquelle ont participé les cavaliers des différents clubs hippiques libanais sur le parcours du Collège Mont La Salle. Dans la tribune des officiels, on pouvait voir M. Ghassan Tuéni et Mlle Michèle Tuéni, entourés du général Souheil Khoury, des membres de la Fédération, des représentants de la Croix-Rouge Libanaise ainsi que de nombreux amis de Gebran, pour lesquels cette occasion était une façon singulière de saluer sa mémoire. Un public nombreux a assisté à cette compétition. Les trophées ont été remis aux champions par le député Ghassan Tuéni, entouré de Siham Gebran Tuéni et des jumelles du martyr, Gabriella et Nadia, âgées tout juste de deux ans, qui ont enfourché leurs poneys pour la photo souvenir et effectué un tour de piste sous l’oeil attendri du public.
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