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Le sport au service de la paix

Sébastian Andraos, 16 ans, a la fougue de la jeunesse, la passion du sport, et un amour indéniable pour son pays d’origine, le Liban, qu’il connaît malheureusement trop peu. A sa façon, il a décidé de militer et de l’aider, en parcourant 700km à vélo, dans le seul but de récolter de l’argent au profit de la Croix-Rouge libanaise. De mère anglaise et de père libanais, Sébastian vit à Londres depuis sa naissance, mais garde au fond du cœur une passion pour le Liban. Un exemple à retenir…

Londres-Ecosse à vélo
Lorsqu’en juillet 2006, la guerre éclate, rien ni personne ne pouvait contenir la rage qui grondait en Sébastian, d’assister impuissant à ce déluge de feu et de sang qui s’abattait injustement sur son pays, faisant ressurgir les spectres d’une guerre tant redoutée. «Je sentais que je devais faire quelque chose pour mon pays, agir, encourager, aider par n’importe quel moyen. J’étais en admiration devant le formidable travail que faisait la Croix-Rouge libanaise. Ne pouvant me rendre au Liban, j’ai décidé de récolter à ma façon de l’argent et de l’envoyer au Liban», raconte-t-il.
L’idée d’entreprendre une randonnée à vélo commence à faire son chemin lorsqu’il entend le récit d’un Anglais, Alistair Humphreys, qui venait de faire le tour du monde à vélo en quatre ans: «L’idée m’a immédiatement séduit. J’ai décidé avec quelques copains de relever le défi et de faire le trajet Londres-Ecosse à vélo, à partir de ma maison, soit 700km de trajet. Beaucoup de mes copains étaient enthousiasmés par cette idée, mais d’autres m’ont découragé, pensant que je n’arriverais jamais à le faire en une semaine.»

A la recherche de sponsors

Pour faire aboutir son projet, le jeune homme cherche des sponsors. «En fait, les sponsors n’hésitaient pas une seconde, surtout lorsqu’ils savaient que c’était pour la cause libanaise. Mais, d’un autre côté, dit-il d’un air malicieux, ils étaient tellement sûrs que ce projet n’aboutirait pas, qu’ils nous ont proposé une petite somme bien coquette. Quelle ne fut leur surprise lorsque je leur envoyais comme promis notre photo à notre arrivée à la frontière écossaise! Mais ce qui m’a fait le plus plaisir, c’était de voir la réaction des gens que je ne connaissais pas, et qui, tout au long de notre parcours, n’ont jamais hésité à nous aider, surtout lorsqu’ils savaient que c’était pour le Liban.» «Et c’est ainsi que j’ai pu récolter plus de 500 livres sterling», ajoute-t-il avec beaucoup de fierté.

Difficultés du parcours
Le 15 octobre, c’est avec son meilleur copain, Michael, qu’il entame le trajet, non sans certaines difficultés, traversant plusieurs grandes villes et beaucoup d’énormes collines… «Malheureusement, raconte-t-il, le cinquième jour, le vélo de Michael bascule au fond d’un ravin. Résultat: une main cassée, un pied foulé et un passage obligatoire à l’hôpital. Michael a dû interrompre son projet, la rage au coeur. Voyant mon désarroi, une copine propose de terminer le parcours avec moi, sinon tout le projet tombait à l’eau, les sponsors refusant de payer.» C’est ainsi que l’exploit est accompli, grâce à la ténacité et la solidarité.

Londres-Paris pour la paix au Liban
Vu le succès de son premier projet, Sébastian, encouragé par ses copains, se lance un autre défi, encore plus grand: Londres-Paris à vélo, en juin 2007. «Nous sommes à présent 25 à vouloir concrétiser ce projet. Mon but est d’en atteindre 50. En attendant, je prépare des tee-shirts, je crée le plan et les informations sur le déroulement du voyage. Malheureusement, je n’ai pas encore trouvé de sponsors. Mais je reste confiant. J’ai encore du temps d’ici juin, affirme-t-il. L’argent récolté ira bien sûr au profit du Liban.»
Devant tant de détermination et de volonté à tout mettre en œuvre pour aider et promouvoir son pays, la pérennité du Liban est en de bonnes mains.

Lamia Darouni