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Le Liban compte plus de 350 garderies, dont plusieurs dizaines en situation illégale. Une centaine seulement sont affiliées au syndicat des propriétaires des garderies spécialisées. En 2004, le syndicat a œuvré, en collaboration avec le ministère de la Santé, à faire voter en Conseil des ministres le décret 12286 qui régit la situation des garderies au Liban. Selon ce décret, les garderies, dont le permis avait été délivré avant 2004, disposaient de deux années pour régulariser leur situation. Le délai est arrivé à expiration en avril 2006. Toutefois, de «nombreux propriétaires n’ont pas, jusqu’à ce jour, renouvelé le permis d’exercer conformément à la nouvelle loi», constate M. Charbel Abi Nader, président du syndicat des garderies spécialisées au Liban.
«La loi qui régit le statut des garderies est excellente», poursuit-il, soulignant que les critères requis pour pouvoir obtenir un permis d’exercer sont «le moins que l’on puisse exiger». Selon cette loi, la garderie doit assurer un environnement sain et sûr aux enfants. Le local, d’une superficie minimale de 150m2, doit ainsi comporter un bureau pour le directeur, une pièce aménagée en quarantaine où les enfants malades seront mis en compagnie d’une infirmière, des pièces séparées pour chacune des tranches d’âge (de 2 mois à 1 an, d’1 à 2 ans et de 2 à 3 ans). Le local doit également disposer d’une aire externe ou interne consacrée aux jeux, d’une salle à manger, d’au moins deux toilettes - l’une pour les grands, l’autre pour les plus petits, équipées de façon à accueillir les enfants. Quant à l’équipe, elle doit comprendre une directrice professionnelle détentrice d’une licence en éducation, psychologie, soins infirmiers ou assistance sociale. L’équipe doit également compter au moins une infirmière diplômée qui sera engagée à temps complet ou partiel et qui restera en permanence avec les enfants, des éducatrices professionnelles et un personnel auxiliaire. De plus, chaque garderie doit signer un contrat avec un pédiatre qui assurera une visite médicale une fois par mois, comme en cas d’urgence.
«La loi est claire, insiste M. Abi Nader. Les propriétaires des garderies doivent s’y conformer. Si tous les documents sont légaux, le permis d’exercer sera délivré dans un délai de deux semaines. Ses frais ne dépassent pas les 25000LL.» Et de souligner: «Le permis d’exercer doit être renouvelé tous les deux ans. Mais nous essayons d’amender le décret de sorte que le permis soit octroyé définitivement, à condition que les propriétaires des garderies s’engagent à présenter leur dossier annuellement au ministère de la Santé.»
Garantir le droit de ses membres
Mais les propriétaires des garderies peuvent, s’ils le veulent, contourner la loi. «C’est vrai, constate M. Abi Nader. Et certaines garderies, qui ont d’ailleurs eu des problèmes, ont loué des diplômes d’infirmières, d’éducatrices spécialisées, etc., pour obtenir leur permis d’exercer. Ces professionnels n’ont servi que de prête-noms et n’ont jamais été présents sur les lieux. Une garderie sérieuse qui se respecte commence par se procurer un permis d’exercer et par respecter la loi. Si, à Dieu ne plaise, un accident survient, son statut sera au moins légal. En fin de compte, les accidents arrivent, même chez soi. Mais en tant que garderies, nous sommes tenus d’assurer le plus de sécurité possible. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs les crèches doivent être dotées d’un système de surveillance. Dans mes garderies, ce système est en ligne et en temps réel, ce qui permet aux parents, où qu’ils soient, de surveiller via Internet leur enfant. Ils ont même accès aux archives, ce qui leur permet de revoir l’activité de l’enfant au cours des derniers jours.»
Quel est le rôle du syndicat? «Il est complémentaire à celui du ministère de la Santé, répond M. Abi Nader. Notre rôle est de faciliter la tâche à tous nos membres, en les aidant à renouveler leur permis d’exercer à titre d’exemple, comme à leur garantir leurs droits. Nous organisons de même des congrès sur les nouveautés dans ce domaine. Par ailleurs, nous sommes une référence pour les parents qui désirent s’informer sur les garderies de confiance, dans lesquelles ils peuvent placer leurs enfants.» Et d’annoncer que le syndicat mènera, en collaboration avec le ministère de la Santé et la faculté de santé publique de l’Université libanaise, une campagne de vaccination dans toutes les écoles et garderies. «Les parents qui ne veulent pas vacciner leurs enfants seront tenus de présenter une note du pédiatre de leur enfant affirmant que ce dernier a déjà reçu ses vaccins», dit-il.
Et le rôle des parents? «Il est tout aussi important que celui du personnel dans les garderies. En tant que syndicat, nous devons les sensibiliser à l’importance de placer leurs enfants dans une garderie spécialisée pour une meilleure sécurité et prise en charge, d’autant que l’équipe est professionnelle. La garderie, c’est comme l’école. Aucun parent n’acceptera d’inscrire son enfant dans une école illégale. Ils se privent de tout pour leur assurer la meilleure éducation. Il doit en être de même pour les garderies, qui sont aussi importantes que les écoles, parce qu’il s’agit de la phase la plus critique de la vie de l’enfant. Il ne faut pas lésiner sur la qualité de la prise en charge en sachant que la différence des prix n’est pas exorbitante.»
Dans l’immédiat, le syndicat prépare, en collaboration avec le ministère de la Santé, un congrès sur la prévention des accidents en garderie. «Nous travaillons de même sur un projet visant à relever l’âge d’admission jusqu’à 6 mois, souligne M. Abi Nader. Si une garderie désire admettre des enfants de moins de six mois, ils doivent assurer la présence permanente d’une infirmière spécialisée à leurs côtés.»
Mais à une échelle plus large, l’idéal serait d’impliquer les conseils municipaux dans les régions ainsi que la société civile, afin de créer des garderies exemplaires, où l’enfant sera pris en charge à des prix symboliques.
N.M.
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