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Si vous n’aviez pas été actrice, quelle profession auriez-vous choisie?
J’aurais certainement voulu être chanteuse, bien que j’aie été totalement terrifiée en chantant dans «La môme»! A l’époque du film «Les jolies choses» (de Gilles Paquet-Brenner, avec Stomy Bugsy, Patrick Bruel), j’ai même pris des leçons de chant pendant un mois. Sinon, je me serais certainement engagée dans les causes écologiques. Mes activités en faveur de Greenpeace m’importent beaucoup (depuis 2001, Marion s’est engagée aux côtés de Greenpeace pour la défense de l’environnement. Elle a notamment refusé en 2003 d’être l’égérie d’une marque de cosmétiques de luxe classée par l’organisation verte parmi celles qui utilisaient des substances potentiellement dangereuses pour la santé, ndlr).
Olivier Dahan vous avait en tête depuis le début. Quand avez-vous eu vent du projet du film sur Edith Piaf?
Un peu après que le scénario a été finalisé. Mon agent m’appelle un jour et me parle d’Olivier Dahan, que je connaissais peu à l’époque, en me disant qu’il pensait à moi pour le rôle d’Edith Piaf, dans un scénario qu’il avait lui-même écrit. Je n’avais pas voulu m’attarder sur le projet parce que je ne tenais pas être déçue. Puis, j’ai reçu le scénario…
Avez-vous eu un moment d’hésitation?
Absolument pas! Mais le personnage est tellement immense que ça m’a fichu la trouille. Quand j’ai fini de lire le scénario, je ne savais pas quoi dire, comment exprimer mes sentiments… Je n’arrivais pas à croire que j’avais ça sous les mains! Donc, pas d’hésitation, mais je savais que j’allais avoir des périodes de doute, d’incertitude sur mes capacités à vraiment faire ça, à incarner cette femme hors du commun.
Emotionnellement ou physiquement, quel a été le plus dur?
Physiquement! Le fait de jouer une femme qui a vieilli plus vite que son âge, le fait d’incarner toute une vie de cette femme, surtout la période critique de 40 à 47 ans. Très dur! C’était certainement mon plus grand défi. Mais la plupart du temps, je me suis sentie comme lorsque j’étais enfant, que j’avais 10 ans et que j’adorais me mettre dans la peau d’un chien, d’une vieille femme, d’un homme, juste pour essayer!
Revenons aux chansons. A quels moments est-ce vous qui chantez dans le film?
Quand Edith était saoule et chantait mal (rires). Non, en fait, ils ont souvent décidé de garder ma voix car je chante relativement juste. Mais on ne peut rien comparer à Piaf… Le plus dur, c’était le play-back, arriver à ajuster ma voix et ma gestuelle aux siens. Surtout les mouvements du corps! C’est un exercice très précis qui a totalement pompé mon énergie.
Avez-vous voulu imiter Piaf ou l’interpréter?
J’ai voulu la comprendre de l’intérieur, elle, la femme plutôt que la star. Mais, bien entendu, il y avait une partie très technique de recherche, de préparation, de familiarisation avec sa vie privée et publique: lire, regarder, écouter, consulter ses archives personnelles, ses films, ses amis…
Au fil du tournage, avez-vous rencontré beaucoup de gens qui l’ont connue?
Au début, non, vu qu’on a démarré le tournage à Prague et continué pendant 3 mois avant d’arriver à Paris. C’est là que j’ai eu peur d’être jugée, qu’on évalue ma performance pour savoir si j’étais à la hauteur. Puis, il y a eu un moment très spécial lorsqu’on a filmé à l’Olympia, que Piaf a sauvé de la banqueroute plusieurs fois. Sa meilleure amie y était, plein de gens qui étaient ses amis et ses collègues… En voyant leur réaction, j’ai eu la certitude de ne pas avoir fait fausse route.
Quand avez-vous senti que vous aviez réussi votre défi?
Je ne sais vraiment pas! Je ne suis jamais capable de juger mes performances et je suis toujours un peu anxieuse. Piaf, c’est une icône… Mais quand j’ai découvert sa vie, j’ai découvert la femme, et je me suis sentie très proche d’elle. Tout ce que je peux dire, c’est que toute cette expérience a été incroyable pour moi... mais vraie.
Propos recueillis à Berlin
par Raya Abirached
Marion “cotillons”
Marion est née en 1975 à Paris et a grandi à Orléans; son père, Jean-Claude, est acteur, metteur en scène et scénariste; sa mère, Niseema Theillaud, est actrice et professeur de théâtre. Elle a donc été habituée à la scène dès l’enfance avant de s’inscrire au conservatoire d’art dramatique de sa ville natale, où elle obtiendra le premier prix en 1994. Après «Taxi», en 1998, sa cote monte doucement grâce à des performances solides, notamment dans «Un long dimanche de fiançailles» (2004) de Jean-Pierre Jeunet, qui lui vaut son premier César et des rôles dans des films américains tels «Big fish» de Tim Burton et «A good year» de Ridley Scott.
Mais c’est Edith Piaf qui offre à Marion le rôle de sa vie! Choisie par Olivier Dahan parce que leurs yeux sont si similaires, Marion prouve autant par sa performance que par ses interprétations des chansons de Piaf, que la consécration lui est entièrement due: Ours d’Or à Berlin, Golden Globe, César et BAFTA s’ensuivent. Aux Oscars, les paris misaient sur Julie Christie pour l’emporter, vu que Marion jouait en français. La surprise sera de taille pour Marion qui, sublime dans une robe sirène signée Jean Paul Gaultier, s’est exclamée à pleins poumons: «Il y a vraiment des anges dans cette ville!» Elle arrivera à peine à retenir son émotion quand l’acteur Forest Whitaker l’escorte dans les coulisses. Pour, ensuite, s’envoler à Chicago pour le nouveau film de Michael Mann, «Public enemies», avec Johnny Depp.
Oscarisée, Marion est aussi amoureuse... Son Marcel Cerdan, c’est l’acteur-réalisateur Guillaume Canet, avec lequel elle file le parfait amour depuis l’an dernier.
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